Réforme du CPF : toute l'actualité en chronologie

CPF : reste à charge, plafonds et budget 2027. Toutes les évolutions en chronologie, avec leur impact sur les formations.

Bénédicte Schmitt
October 19, 2026

Le compte personnel de formation, ou CPF, est un droit qui permet à chaque actif de financer des formations tout au long de sa vie professionnelle. Créé en 2014, il est exprimé en euros depuis la loi du 5 septembre 2018 : un salarié à temps plein y acquiert 500 € par an, dans la limite de 5 000 €. Ces droits suivent la personne, y compris lorsqu'elle change d'employeur.

Depuis la plateforme Mon Compte Formation, vous pouvez les utiliser pour financer une formation certifiante, un bilan de compétences, une validation des acquis de l'expérience ou le permis de conduire. Les formations en langue sont éligibles lorsqu'elles préparent à une certification reconnue, comme le TOEIC ou Linguaskill. Plus de 5 millions de personnes se sont formées grâce à ce dispositif.

Le CPF a beaucoup changé depuis 2022. Reste à charge, plafonds par formation, restrictions sur le permis de conduire : les règles évoluent plusieurs fois par an et les projets de réforme s'accumulent. Cette page réunit ces évolutions pour vous permettre de savoir ce qui s'applique aujourd'hui à votre projet de formation, et ce qui pourrait changer prochainement.

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Ce qui se prépare : budget 2027 et validation préalable

Deux évolutions sont en discussion à ce jour : une hausse du reste à charge dans le budget 2027 et une validation préalable des formations. Aucune des deux n'est en vigueur.

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Budget 2027 : un reste à charge pouvant atteindre 350 € pour les formations non prioritaires

Le projet de loi de finances pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026. Le ministère du Travail doit y réaliser 2,5 milliards d'euros d'économies, dont 300 à 350 millions d'euros attendus du CPF selon les sources.

L'article 89 prévoit un reste à charge à deux niveaux : un montant de base et un montant majoré pour les formations jugées non prioritaires. Le texte ne fixe aucun montant. Le chiffre de 350 € vient d'une annonce de l'entourage du ministre du Travail, relayée par la presse le 23 septembre 2026. Il correspond aux 150 € actuels auxquels s'ajouterait un complément de 200 €.

Trois points à connaître :

  • Les montants seront fixés par décret et la liste des formations prioritaires par arrêté. Le Parlement ne votera donc pas les 350 €.
  • L'application serait rétroactive pour les demandes déposées à partir du 1er octobre 2026, avant même le vote du budget.
  • Les demandeurs d'emploi ne paient pas de reste à charge aujourd'hui, et le projet les exclut de la majoration.

La ministre déléguée Sabrina Roubache a évoqué la possibilité de payer le reste à charge en plusieurs échéances, par exemple pour les outre-mer.

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Validation préalable : le « P » de CPF changerait de sens

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Le 16 juillet 2026, dans un entretien aux Échos, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé vouloir transformer le compte personnel de formation en « compte professionnel de formation ». Chaque formation serait soumise à une validation préalable, assurée par l'employeur pour un salarié en poste.

Ce projet s'appuie sur un rapport du Sénat du 9 juillet 2026, qui relève selon la presse spécialisée que près de quatre formations sur dix financées par le CPF ne débouchent pas sur une certification reconnue.

Les réactions ont été rapides :

  • La CFDT estime que la mesure remettrait en cause l'équilibre des accords interprofessionnels de 2013 et de 2018, et qu'elle nécessiterait une modification de la loi.
  • La CGT défend un droit individuel de choisir sa formation, y compris lorsqu'elle n'est pas celle que souhaite l'employeur.
  • Muriel Pénicaud, ministre du Travail lors de la réforme de 2018, a dénoncé un « recul indigne ».
  • Sylvain Maillard, député, a parlé d'un « choix de défiance » envers les actifs.

À la date de mise à jour de cette page, aucun texte ne met en œuvre cette validation préalable.

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Présidentielle 2027 : ce que l'on sait des positions

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À ce jour, aucun candidat déclaré n'a publié de position détaillée sur le CPF.

La formation professionnelle occupe peu de place dans le débat public à ce stade. Les observateurs spécialisés relèvent que les programmes n'ont pas encore été publiés pour la plupart des candidats, et que seul Gabriel Attal s'est exprimé sur la formation, à travers un plan consacré à l'intelligence artificielle, sans prise de position sur le CPF lui-même.

Les lignes de débat se dessinent néanmoins à partir des réformes en cours :

  • Le financement : le CPF est devenu une variable du budget de l'État, avec un reste à charge relevé trois fois en deux ans.
  • La liberté de choix : la validation préalable oppose les syndicats et d'anciens responsables de la réforme de 2018 au gouvernement actuel.
  • Le pilotage de long terme : l'association 3E a invité les candidats à porter une « loi de programmation des compétences », selon une dépêche du 29 septembre 2026.

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La chronologie du CPF, du plus récent au plus ancien

2 avril 2026 : le reste à charge passe à 150 €

Le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel du 1er avril, porte la participation obligatoire de 103,20 € à 150 €, soit environ 45 % de plus. Le montant est fixé pour l'année 2026 et n'est plus indexé automatiquement sur l'inflation. Les demandes validées jusqu'au 1er avril 2026 inclus restent soumises à l'ancien montant.

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26 février 2026 : des plafonds de prise en charge par formation

Un décret publié le 25 février et applicable le 26 fixe des plafonds de mobilisation du CPF : 1 500 € pour les formations certifiantes du Répertoire Spécifique, 1 600 € pour les bilans de compétences et 900 € pour la préparation au permis de conduire. Les titres professionnels et certifications du RNCP ne sont pas concernés. Si une formation coûte plus que le plafond, la différence doit être financée autrement : employeur, région ou participation personnelle.

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19 février 2026 : la loi de finances pour 2026 et le permis de conduire

L'article 203 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) pose le cadre de la réforme. Le financement du permis B via le CPF est réservé aux demandeurs d'emploi et aux titulaires bénéficiant d'un cofinancement d'au moins 100 € d'un tiers. Le Conseil constitutionnel a validé cette restriction le même jour.

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1er janvier 2026 : 103,20 €

Un arrêté du 30 décembre 2025 revalorise le reste à charge en fonction de l'inflation. Il passe de 102,23 € à 103,20 €.

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1er janvier 2025 : 102,23 €

Un arrêté du 26 décembre 2024 applique pour la première fois l'indexation sur l'inflation prévue dès l'origine. Le reste à charge passe de 100 € à 102,23 €.

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2 mai 2024 : le reste à charge de 100 € entre en vigueur

Chaque inscription à une formation financée par le CPF donne lieu à une participation forfaitaire de 100 €, quel que soit le coût de la formation. Les demandeurs d'emploi et les salariés bénéficiant d'un abondement de leur employeur en sont exonérés. Le montant est indexé sur l'inflation.

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Février 2024 : l'Élysée tranche pour un forfait de 100 €

Après une réunion interministérielle le 22 février 2024, l'Élysée retient un montant fixe de 100 € plutôt qu'un pourcentage minimum de 10 % du coût de la formation, que le ministère des Finances défendait. Le forfait est jugé plus prévisible pour les utilisateurs, quelle que soit la formation choisie. Au début de l'année, le ministre délégué aux Comptes publics, Thomas Cazenave, avait annoncé les 10 % dans un plan de 10 milliards d'euros d'économies.

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Novembre 2023 : le projet est mis de côté

Le reste à charge n'est pas retenu dans le budget 2024, jugé non prioritaire à ce moment. Il revient en début d'année suivante, sous la contrainte des économies budgétaires, cette fois par la voie réglementaire. Un décret est annoncé pour début 2024, après consultation des partenaires sociaux.

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Septembre 2023 : une suspension annoncée

Le ministre du Travail Olivier Dussopt annonce la suspension du projet de reste à charge. La presse spécialisée parle alors d'un sursis, le texte voté en décembre 2022 restant en vigueur.

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9 mai 2023 : Bruno Le Maire évoque un reste à charge de 30 %

Sur France Culture, le ministre de l'Économie déclare vouloir mettre fin au « quoi qu'il en coûte » et annonce un reste à charge pouvant atteindre 30 %, sauf si l'employeur paie ou si la personne est demandeur d'emploi. Le cabinet de la ministre de la Formation professionnelle précise que rien n'est arbitré et que des concertations suivront.

Les défenseurs du CPF répondent avec des chiffres. Sur 5 millions de personnes formées, 82 % sont des non-cadres, et un utilisateur sur trois est en recherche d'emploi. Ils plaident pour réguler l'offre de formation, dont près d'un million de sessions sont référencées sur Mon Compte Formation, plutôt que la demande. Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud, juge la mesure contraire à l'esprit du CPF.

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Décembre 2022 : un reste à charge inscrit dans le budget 2023

Le gouvernement dépose un amendement au projet de loi de finances pour 2023, adopté avec le texte le 17 décembre 2022. Il crée la possibilité d'un reste à charge pour chaque achat de formation avec le CPF. Les demandeurs d'emploi et les salariés dont l'employeur cofinance la formation sont exclus du dispositif. Les montants sont renvoyés à un décret en Conseil d'État.

La presse évoque alors une participation de 20 à 30 % : pour une formation de 2 000 €, cela représenterait 400 à 600 €. L'objectif affiché est de maîtriser le coût d'un dispositif qui aurait coûté près de 7 milliards d'euros en trois ans. Muriel Pénicaud et le député Marc Ferracci critiquent la mesure et la procédure retenue pour l'adopter.

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📌 La situation en un coup d'œil
  • Reste à charge actuel : 150 € depuis le 2 avril 2026, pour toute demande de formation, sauf cas d'exonération (demandeurs d'emploi, abondement de l'employeur notamment).
  • Plafond de prise en charge : 1 500 € depuis le 26 février 2026 pour les certifications du Répertoire Spécifique (RS). Cela concerne la majorité des formations en langue.
  • Budget 2027 : jusqu'à 350 € possibles pour les formations non prioritaires, avec une application envisagée dès le 1er octobre 2026. Le montant sera fixé par décret et non par la loi.
  • Validation préalable : le ministre du Travail souhaite conditionner chaque utilisation du CPF à une vérification. Le projet est contesté et n'est pas inscrit dans un texte à ce jour.
📌 Ce que cela change pour les formations en langue

La plupart des formations en langue relèvent du Répertoire Spécifique. Elles sont donc concernées par le plafond de 1 500 € et par le reste à charge de 150 €.

  • Moins de 1 500 € : le CPF peut financer la formation en totalité, à la participation près. Pour 900 €, le CPF prend en charge 750 € et vous réglez 150 €.
  • Plus de 1 500 € : le CPF ne couvre que 1 500 € et la participation de 150 € s'ajoute au dépassement. Pour 1 600 €, vous réglez 250 € (100 € de dépassement et 150 € de participation).

Pour le budget 2027, la liste des formations prioritaires n'est pas connue. Il est donc impossible de dire si une formation en langue serait soumise à 150 € ou à un montant pouvant atteindre 350 €. Cette page sera mise à jour à sa publication.

Au Cercle des Langues, certains parcours dépassent 1 500 €. Contactez-nous pour étudier les modalités de financement adaptées à votre projet : CPF, abondement de l'employeur ou financement complémentaire.

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À propos de l'auteur

Bénédicte est passionnée de langues étrangères. Elle parle français, anglais, italien et essaie avec tant bien que mal d'apprendre le chinois ! Elle est Marketing Manager pour faire connaître le Cercle des Langues dans le monde entier !

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