RH, managers : comment évaluer le niveau d'anglais d'un candidat ?

Évaluer l'anglais d'un candidat sans être bilingue : 10 questions + 4 mises en situation + tableau comparatif des méthodes. Évitez les mauvais recrutements.

Juliette Brouwer
June 22, 2026

Le CV affiche "anglais courant". L'entretien s'est bien déroulé, vous avez l'impression que le candidat maîtrise la langue : vous l'embauchez. Deux mois plus tard, les problèmes apparaissent. Les réunions sont compliquées, les appels clients sont laborieux, les emails professionnels demandent trois fois plus de temps que prévu. Et vous vous demandez : "Comment j'ai pu le juger aussi mal ?"

Le piège, c’est qu’évaluer l'anglais d'un candidat est souvent plus difficile qu'il n'y paraît. Surtout si vous-même n'êtes pas bilingue.

Le risque de recruter quelqu'un dont le niveau en pratique ne correspond pas aux exigences du poste est bien réel, et il est coûteux pour votre entreprise : baisse de productivité, frustration du candidat, besoin de formation accélérée.

Dans cet article, découvrez comment évaluer efficacement l'anglais d'un candidat, quelles questions poser, quels pièges éviter et comment objectiver votre décision de recrutement avec des outils simples et déployables immédiatement.

{{encart-1}}

No items found.

No items found.

No items found.

No items found.

No items found.

No items found.

No items found.

Pourquoi évaluer l'anglais d'un candidat est plus compliqué qu'il n'y paraît

Avant de vous montrer comment bien évaluer le niveau d’anglais d’un talent, comprenons pourquoi c'est difficile.

Le niveau indiqué sur le CV est souvent subjectif

Vous lisez : "Anglais professionnel", "Bilingue", "Courant", "Intermédiaire".

Mais qu'est-ce que cela veut vraiment dire ? Il n'existe pas de définition universelle. Deux candidats différents peuvent utiliser le même terme pour des réalités très différentes.

A considérer : Si le candidat possède une certification (TOEFL, IELTS, Cambridge), c'est un bon point de départ. Ces certifications ont des critères standardisés. Un score TOEFL 95/120 veut dire quelque chose. "Anglais courant" sur un CV, beaucoup moins. Attention néanmoins à bien regarder à quelle date a été obtenue la dernière certification. 

Comprendre l'anglais ne signifie pas savoir travailler en anglais

C'est une confusion fréquente. Un candidat qui regarde Netflix en VO depuis des années peut comprendre 80% du dialogue. Mais peut-il négocier avec un client anglophone ? Peut-il rédiger une proposition commerciale en anglais ? Peut-il gérer un client mécontent au téléphone ?

Ces deux situations ne mobilisent pas les mêmes compétences. La première est passive. La deuxième est active et demande de la précision, de la rapidité et une bonne capacité d’adaptation.

Les recruteurs ne sont pas toujours à l'aise pour évaluer une langue

C'est normal. Comment êtes-vous censé évaluer une compétence que vous ne maîtrisez pas vous-même ? Vous pouvez reconnaître un candidat qui bafouille. Mais distinguer un B1 d'un B2 ? Identifier pourquoi il bloque ? C'est plus difficile sans repères clairs.

Avant de tester un candidat : définir le niveau réellement nécessaire pour le poste

C'est l'étape qu'on oublie souvent, mais elle est pourtant cruciale. Avant d'évaluer un candidat, vous devez savoir quel niveau CECRL est nécessaire pour le poste auquel il postule. 

Tous les postes n'ont pas besoin du même niveau

Un responsable IT qui lit des documentations techniques en anglais n'a pas besoin du même niveau qu'un commercial international.

Tableau : Niveau minimum par situation

Situation professionnelleNiveau généralement nécessaire
Lire des emails simples / manuels techniquesA2 — B1
Participer à une réunion / comprendre un clientB1 — B2
Présenter un projet / rapport écritB2
Négocier avec des partenaires / gérer des conflitsB2 — C1
Animer une réunion internationale / représenter l'entrepriseC1 — C2

Identifier les situations clés du poste

Posez-vous les vraies questions sur le poste :

  • Le candidat aura-t-il des appels avec des anglophones ?
  • Participera-t-il à des réunions ?
  • Devra-t-il négocier ?
  • Rédigera-t-il beaucoup en anglais ?
  • Fera-t-il des présentations ?

Prenons un exemple concret :

Vous recrutez deux commerciaux.

  • Commercial France (ventes locales, peu d'anglais) → un niveau B1 peut suffire
  • Commercial export (clients internationaux, présentations, négociation) → un niveau B2 ou C1 sera ici nécessaire

Pour un même poste, vous pouvez donc avoir des exigences très différentes.

Les 4 compétences qu'il faut réellement évaluer en entretien

Ne testez pas "l'anglais" de manière générale. Testez les compétences spécifiques que le candidat utilisera réellement dans son travail.

Les 4 piliers à observer

1. Compréhension orale : Le candidat comprend-il rapidement un interlocuteur naturel ? Doit-il demander plusieurs fois la même chose ?

2. Expression orale : Peut-il formuler ses idées clairement ? Ou hésite-t-il constamment, cherche-t-il ses mots ?

3. Interaction : C'est le plus important en situation réelle. Peut-il gérer un échange bidirectionnel ? Peut-il poser des questions, relancer, clarifier ?

4. Communication métier : Peut-il parler de son domaine d'expertise en anglais ? Utilise-t-il le vocabulaire adapté ?

Tableau d'observation : Ce qu'il faut regarder pendant un entretien

CompétenceCe qu'il faut observerBon signeSignale un blocage
CompréhensionRéagit-il rapidement ?Répond sans demander de répétitionDemande plusieurs fois de répéter
ExpressionDiscours clair ou hésitant ?Parle avec fluidité et assuranceNombreuses hésitations, cherche ses mots
InteractionPose-t-il des questions ?Relance naturellement, pose des questionsRéponses très courtes, pas de questions
MétierUtilise-t-il le vocabulaire adapté ?Vocabulaire précis et contextualiséVocabulaire vague ou générique

{{encart-2}}

10 questions à poser pour évaluer l'anglais d'un candidat

Voici 10 questions pratiques, déployables immédiatement dans vos entretiens. Elles sont conçues pour évaluer les 4 compétences listées ci-dessus.

Questions d'échauffement (fluidité et présentation)

1. "Can you introduce yourself and tell me about your current role?"
→ Qu'observez-vous ? La fluidité. Les hésitations. La capacité à parler de lui.

2. "What are your main responsibilities in your current job?"
→ Vocabulaire métier. Précision. Clarté.

Questions de description (vocabulaire et narration)

3. "Describe a recent project you worked on in detail."
→ Capacité à narrer. À utiliser le passé. À décrire un contexte complexe.

4. "What was your role in that project?"
→ Clarté d'expression. Capacité à préciser.

Questions de résolution (argumentation et interaction)

5. "Tell me about a challenge you faced at work."
→ Narration. Vocabulaire lié aux problèmes. Capacité à développer.

6. "How did you solve it? What was the outcome?"
→ Articulation logique. Utilisation du passé. Résultat concret.

Questions d'opinion et de complexité

7. "What makes a good manager in your opinion?"
→ Pas de réponse "par cœur". Opinion personnelle. Argumentation.

8. "What is the biggest challenge in your industry today?"
→ Réflexion. Nuance. Capacité à développer un point de vue complexe.

9. "How would you handle a difficult client situation?"
→ Improvisation. Interaction hypothétique. Vocabulaire de gestion de conflit.

10. "Why are you interested in this company/role, and what would you bring?"
→ Spontanéité. Réflexion sur soi. Adaptation au contexte.

Les mises en situation qui révèlent le vrai niveau d'un candidat

Les questions seules ne suffisent pas. Les vraies mises en situation sont plus révélatrices. Voici comment les mettre en place.

Mise en situation #1 : Présenter un projet (2 minutes)

Donnez-lui un sujet simple : "Présentez-moi un projet sur lequel vous avez travaillé. Vous avez 2 minutes."

Sans préparation écrite.

Qu'observe-t-on ? Sa capacité à structurer, à utiliser le présent et le passé, à gérer le timing, sa fluidité sous pression.

Mise en situation #2 : Répondre à une réclamation client

Scénario : "Vous êtes en appel avec un client anglophone. Il est mécontent du délai de livraison. Comment répondez-vous ?" C'est un jeu de rôle. Vous êtes le client difficile.

Qu'observe-t-on ? Sa gestion de la pression. Son vocabulaire d'empathie et de solution. Sa capacité à désamorcer.

Mise en situation #3 : Participer à une mini réunion

Simulez une courte réunion avec 2-3 personnes sur un sujet professionnel.

Qu'observe-t-on ? Peut-il intervenir spontanément ? Pose-t-il des questions ? Peut-il argumenter ? Gère-t-il les interruptions ?

Mise en situation #4 : Expliquer un sujet métier à un non-spécialiste

"Vous expliquez votre domaine à quelqu'un qui ne le connaît pas, en anglais."

Qu'observe-t-on ? Peut-il adapter son langage ? Simplifier sans condescendre ? Utiliser le bon vocabulaire ?

Cas pratique : Deux candidats avec le même niveau affiché (B2) réagissent très différemment selon la mise en situation. L'un brille à la présentation (préparée). L'autre excelle dans la gestion du client difficile (spontanée). Ils n'ont pas les mêmes forces. À vous de choisir selon vos besoins.

Les erreurs de recrutement les plus fréquentes

En évaluant des centaines de candidats, certaines erreurs reviennent régulièrement. Les connaître vous aide à les éviter en entretien et à mieux gérer vos recrutements. 

❌ Confondre accent et niveau

Un candidat avec un accent lourd peut être bilingue. Al'inverse, un accent parfait ne veut pas dire que le niveau est bon.

❌ Confondre aisance et précision

Un candidat qui parle beaucoup avec assurance n'est pas forcément précis. Il peut faire beaucoup d'erreurs sans les percevoir.

❌ Surévaluer le jargon métier

Un candidat qui connaît 20 mots de vocabulaire spécialisé n'est pas un expert en anglais. C'est du vocabulaire appris, pas une maîtrise générale de la langue. 

❌ Ne tester qu'une seule compétence

Si vous ne testez que la compréhension (écoute), vous ratez l'expression (parole). Et si vous omettez l'interaction, vous passez à côté de sa capacité à animer une réunion.

Test, certification, entretien : quelle méthode choisir ?

Vous vous demandez : "Quel outil de diagnostic utiliser ?" Il n'y a pas une seule bonne réponse. Chaque méthode a ses forces et ses limites.

Forces et limites de chaque méthode d’évaluation du niveau d’anglais en entretien

MéthodeForcesLimites
Entretien de recrutementObservation directe. Interaction réelle. Adapt aux contextes.Subjectivité du recruteur. Pas de benchmark.
Test en ligneRapide. Standardisé. Peu coûteux.Peu contextualisé. Peut être "gamé" (préparé artificiellement).
Certification (TOEFL, IELTS)Standardisée. Reconnaissable. Fiable.Pas toujours récente. Coûteux. Pas forcément adapté au métier.
Mise en situation professionnelleTrès proche du réel. Révèle le vrai niveau.Chronophage. Demande de la préparation.

Pourquoi combiner plusieurs outils

La meilleure évaluation combine généralement trois éléments : une certification officielle, un entretien approfondi, et une mise en situation professionnelle.

Pourquoi cette combinaison ? Parce qu'elle vous donne trois perspectives différentes. 

  • La certification vous fournit un benchmark fiable et standardisé : vous savez précisément où il se situe sur l'échelle internationale. 
  • L'entretien approfondi vous permet d'observer directement comment il communique, réfléchit et gère la pression. 
  • Et la mise en situation vous montre concrètement comment il se débrouille dans les conditions réelles du poste.

Chacun de ces trois outils comble les lacunes des autres. Vous passez d'une impression vague à une véritable certitude.

Évaluer pour mieux recruter

Une bonne évaluation linguistique ne consiste pas à attribuer un score. Elle consiste à vérifier qu'un candidat sera capable d'utiliser l'anglais dans les situations réelles du poste.

En utilisant les outils dans cet article, vous vous donnez les meilleures chances de faire le bon choix.Et si après l'embauche, vous identifiez des gaps ? Vous avez des chiffres et des observations concrètes pour mettre en place une formation ciblée.

Au Cercle des Langues, nous accompagnons les RH dans l'évaluation linguistique de leurs équipes. Audit linguistique, évaluation de candidats, plans de formation sur mesure pour combler les écarts identifiés. Contactez-nous pour une approche de recrutement structurée et fiable.

📌 À retenir

Un niveau affiché sur un CV n'est pas une preuve → "Anglais courant" peut signifier beaucoup de choses différentes
L'anglais doit être évalué en fonction du poste visé → Un niveau B1 peut suffire pour lire des emails, pas pour animer une réunion
Un entretien seul ne suffit pas toujours → Surtout si le candidat a préparé des réponses par cœur
Les mises en situation sont souvent plus révélatrices qu'un questionnaire → La spontanéité révèle le vrai niveau
Il faut distinguer compréhension, expression et interaction → Un candidat peut comprendre sans pouvoir répondre spontanément
Une évaluation fiable combine plusieurs méthodes → Entretien + test + mise en situation = diagnostic solide

👉 Au Cercle des Langues, nous accompagnons les RH dans l'évaluation linguistique de leurs équipes et proposons des plans de formation d’anglais sur mesure pour combler les écarts identifiés chez vos collaborateurs. 

Les 5 signaux qui doivent alerter un recruteur

Pendant l'entretien, certains signaux doivent vous mettre en alerte. Ce sont des indicateurs que le niveau réel est inférieur au niveau affiché.

🚩 Premièrement, les réponses extrêmement courtes. "Yes, I did." "OK." Le candidat répond et s'arrête. Il n'élabore pas, ne développe pas. Ce comportement trahit souvent une capacité limitée à s'exprimer longuement ou à improviser.

🚩Deuxièmement, les questions systématiquement éludées. Vous posez une question. Pas de réponse directe. Vous la reformulez différemment. Même contournement. Cela suggère qu'il ne comprend probablement pas vraiment la question, ou qu'il évite intentionnellement un sujet sur lequel il ne maîtrise pas la langue.

🚩 Troisièmement, le vocabulaire extrêmement répétitif. "It's very good... very important... very nice." Vous remarquez qu'il utilise les mêmes 10 mots clés en boucle. C'est un signe de manque de richesse vocabulaire et de flexibilité linguistique.

🚩 Quatrièmement, la difficulté à reformuler. Vous demandez : "Pouvez-vous dire ça différemment ?" Le candidat bloque. Il ne peut pas trouver une autre formulation. Cela trahit souvent du par-cœur : il a appris une réponse, pas compris le concept.

🚩 Enfin, le blocage dès que l'échange devient spontané. Les questions préparées ? Ça va. Une question inattendue ? Le candidat panique, bafouille, ou répond complètement à côté. C'est le signal le plus fiable : il ne maîtrise pas vraiment. Il a juste mémorisé.

Message clé : Un candidat peut avoir appris des réponses par cœur et sembler compétent sur les questions anticipées. Mais la spontanéité révèle toujours le vrai niveau.

Commencez des cours d’anglais avec nous
Obtenez votre Ebook gratuit
Télécharger notre ebook
Je télécharge notre guide
Au programme
À propos de l'auteur

Installée en Espagne, Juliette allie sa passion pour les langues à son goût de la découverte. Pour elle, apprendre une langue, c’est bien plus que communiquer : c’est s’immerger pleinement dans une nouvelle culture.

Vous désirez plus de contenus pour apprendre l’anglais ?

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine des conseils, des fiches de vocabulaire, des jeux, et bien plus encore !

Obtenir plus d'informations

Bilan d'anglais offert - Sans engagement

croix